Les chiffres trompeurs du budget syrien

Les chiffres officiels du budget syrien pour 2017 montrent une croissance significative des dépenses. La réalité, pourtant, est tout autre : on assiste à une chute massive qui aura des conséquences sur l’activité économique et la reconstruction.

D’après le projet de loi discuté début novembre à l’Assemblée du peuple (Parlement), les dépenses du budget syrien 2017 devraient être de 2 660 milliards de livres syriennes, en hausse annuelle de 34 %. Les dépenses d’investissement devraient augmenter de 33 %, passant de 510 à 678 milliards, alors que les dépenses courantes devraient atteindre 1 982 milliards, en augmentation de 35 % par rapport à cette année (1 470 milliards).

Un budget en chute libre

Derrière ces chiffres impressionnants la réalité est bien différente. En valeur réelle, c’est-à-dire en prenant en compte le taux d’inflation, on assiste en fait à une baisse assez significative des dépenses. En février, dernier mois pour lequel les données sont disponibles, le taux d’inflation en variation annuelle était de 44 %. Étant donné qu’il n’y a pas de raison particulière pour croire qu’elle va baisser dans les mois à venir – en juin, par exemple, le gouvernement a haussé le prix des produits pétroliers de plus de 33 % –, la hausse prévue des dépenses sera donc probablement nettement moins importante que celle du coût de la vie.
D’autre part, si on la mesure en dollars, la baisse des dépenses apparaît encore plus clairement.
Sur la base des taux de change utilisés pour les budgets 2015 (150 livres pour un dollar), 2016 (250 livres) et 2017 (470 livres), les dépenses chutent de 10,3 milliards de dollars en 2015 à 7,9 milliards cette année et 5,6 milliards de dollars l’année prochaine. En d’autres termes, le budget aura été quasiment divisé par deux en l’espace de deux ans.
Finalement, il faut signaler le décalage entre les chiffres que le gouvernement présente chaque année et les dépenses réelles.
Ce décalage, qui est difficile à mesurer précisément car les comptes des budgets 2012-2015 n’ont toujours pas été réglés et approuvés, a été reconnu par le ministre des Finances.
Maamoun Hamdan a dit aux membres de l’Assemblée que depuis plusieurs années, faute de recettes, les dépenses d’investissement étaient quasiment nulles et que les mêmes projets étaient reconduits d’une année à l’autre. En d’autres termes, la plupart des projets pour lesquels le gouvernement demande des crédits pour l’année prochaine étaient déjà prévus dans le budget de cette année et dans celui de l’année dernière. En 2017, l’investissement public, qui représente le quart du budget prévu, sera en réalité proche de zéro.

L’armée, la santé, l’éducation

Le budget consacré aux salaires de la fonction publique est particulièrement observé par les analystes car c’est quasiment le seul poste de dépenses qui est difficilement compressible.
Le coût des salaires devrait augmenter d’environ 16 % pour passer de 372 milliards cette année à 433 l’année prochaine. Mesuré en dollars, le poste des salaires est en baisse et devrait passer sous la barre du milliard de dollars pour la première fois depuis très longtemps. En 2015 et 2016, environ 2,1 et 1,5 milliards de dollars étaient respectivement affectés à ce poste.
Selon le ministère des Finances, l’augmentation de l’année prochaine est justifiée par le recrutement de 56 000 nouveaux fonctionnaires. Depuis des décennies, le gouvernement syrien recrute chaque année plusieurs dizaines de milliers de fonctionnaires, en grande partie pour contribuer à résorber le chômage – ils sont estimés à environ 1,5 million.
Durant les débats à l’Assemblée, certains députés ont demandé pourquoi de nouveaux fonctionnaires devraient être recrutés alors que beaucoup sont déjà sous-employés. D’autres ont rétorqué que les chiffres du gouvernement étaient trompeurs car en pratique les recrutements réels sont régulièrement très en dessous des objectifs fixés.
Il est à noter qu’aucune augmentation de salaire n’est prévue pour ceux déjà en poste – les salaires ne sont pas indexés à l’inflation en Syrie – et qu’au vu de l’augmentation des prix à la consommation, les fonctionnaires devront donc faire face, comme le reste des Syriens, à une nouvelle baisse de leur pouvoir d’achat.
Parmi les postes de dépenses les plus importants, on retrouve l’éducation à 272 milliards de livres et la santé à 187 milliards. Le ministère de l’Éducation emploie environ 311 000 personnes.
Les dépenses militaires n’ont pas encore été rendues publiques. En 2016, les ministères de la Défense et de l’Intérieur devaient bénéficier d’une dotation de 405 milliards de livres, soit environ 1,6 milliard de dollars. Ces chiffres ne rendent probablement pas compte de tous les montants dépensés sur l’effort de guerre.
Les subventions sont un autre poste important de dépenses. Le gouvernement prévoit d’y consacrer officiellement 423 milliards, un doublement par rapport à cette année. Le coût réel des subventions, qui a beaucoup baissé ces dernières années suite à la hausse des tarifs décidés par le gouvernement, est difficile à chiffrer car elles sont en partie couvertes directement par les entreprises publiques et sont donc extrabudgétaires.

Des recettes opaques

Les recettes prévues sont de 1 919 milliards de livres, en croissance annuelle de 41 %. Mesurées en dollars, elles devraient être de 4 milliards, en baisse de 25 % par rapport à cette année et de 38 % sur deux ans. Peu de détails sont disponibles, mais même quand ils le seront, il est peu probable qu’ils nous aident à mieux comprendre comment l’État se finance.
Pour le budget 2016 par exemple, sur les 1 359 milliards de livres de recettes prévues, 482 milliards étaient répertoriés comme « recettes diverses » sans aucune autre précision et 313 milliards devaient être générés par les entreprises publiques de production pétrolière – un chiffre totalement irréaliste étant donné que le gouvernement ne contrôle quasiment plus aucun champ pétrolier.
Certaines entreprises publiques devraient continuer à générer des recettes comme la téléphonie et le tabac, mais elles restent négligeables.
Les recettes fiscales (impôts directs et indirects) devraient être de 322 milliards alors qu’elles sont prévues à 253 milliards cette année. Là encore, mesurés en dollars, ces chiffres sont à la baisse, passant d’un milliard en 2016 à 685 millions de dollars l’année prochaine (-32 %).

Le déficit représente le quart du budget

Le gouvernement prévoit un déficit de 741 milliards de livres, soit 1,5 milliard de dollars, ce qui représente 27 % des dépenses. La conséquence de ce déficit est une augmentation de la dette. D’après le ministre de l’économie, Adib Mayaleh, celle-ci a été multipliée par onze depuis 2011.

Comment le gouvernement se finance-t-il ? Officiellement la dette interne, à travers la Banque centrale, couvre quasiment tous les déficits alors que la dette externe est négligeable. Pourtant il est établi que le gouvernement emprunte auprès de l’Iran pour financer ses importations, ce que le budget ne montre pas. Là encore, peu de détail transparaît, ce qui n’est pas surprenant au vu de la dimension politique et sécuritaire des relations syro-iraniennes.
Bien que difficile à utiliser à cause du manque de transparence et du décalage apparent entre les données officielles et la réalité, les chiffres du budget syrien confirment deux tendances importantes aux conséquences lourdes.
D’abord la contraction très rapide des dépenses publiques. L’État syrien est de loin l’acteur économique le plus important et toute contraction de ses dépenses a des conséquences négatives sur l’investissement et la consommation, et donc sur l’activité économique à venir.
D’autre part la persistance des déficits. L’accumulation de la dette nécessaire pour financer les déficits va peser sur tout effort de reconstruction et devra être remboursée par les générations syriennes futures.

 

 

 

 

 

 

Remarque: Cet article a été publié dans le numéro de décembre 2016 du Commerce du Levant

La chute inexorable de la livre syrienne

Livre-syrienneLa Banque centrale de Syrie a de plus en plus de mal à freiner la chute de sa monnaie et les craintes d’un décrochage de la livre syrienne augmentent à Damas.
D’août 2014 à début de février 2015, la monnaie nationale syrienne est en effet tombée de 165 livres pour un dollar, la devise de référence sur le marché local, à 245.
Ce n’est pas la première fois que la livre tombe aussi bas puisqu’elle avait atteint les 300 livres pour un dollar en juillet 2013 avant de rebondir, mais cette fois sa chute se fait de manière beaucoup plus graduelle, ce qui donne un sentiment inquiétant d’inexorabilité.
Le dollar est ainsi passé à 180 livres fin août, à 190 en septembre, à 200 livres en novembre, à 210 en décembre et à 220 livres en janvier.
Avant le début du soulèvement en mars 2011, la livre s’était maintenue à un taux proche de 50 livres pour un dollar pendant près de deux décennies. La non-convertibilité de la livre, une balance des paiements positive, des réserves de change importantes faisaient partie des facteurs qui avaient permis la bonne tenue de la monnaie nationale.
Avec l’extension du printemps arabe à la Syrie, la livre a naturellement perdu du terrain. Le soulèvement populaire suivi d’une guerre d’une violence inouïe a en effet eu un impact dévastateur sur les capacités de production du pays et les rentrées de devises. À quoi se sont ajoutées les sanctions occidentales sur le secteur pétrolier qui ont mis fin à l’exportation de brut dont les revenus représentaient une grande majorité des recettes en devises du gouvernement. La fuite des touristes, une autre source importante de devises, dès le début du soulèvement avait également eu un impact important.
Malgré tout, jusqu’à l’été dernier beaucoup d’analystes avaient salué les capacités de résistance de la livre qui avait perdu moins de terrain que prévu, et ce pour plusieurs raisons.
D’abord les réserves importantes détenues par la Banque centrale, qui se montaient à 20 milliards de dollars au début 2011, ont permis pendant longtemps de faire face à la demande croissante en devises du marché que ce soit pour financer les importations ou parer aux pressions engendrées par la fuite des capitaux. La baisse du niveau de l’activité économique et le frein mis par le gouvernement à ses dépenses et ses investissements ont également aidé à faire baisser la demande pour les devises étrangères.
Par ailleurs, avec la guerre, de nouvelles sources de recettes ont vu le jour. L’une d’elles est l’aide apportée aux différents partis du conflit par leurs parrains et alliés régionaux et internationaux. Le gouvernement a bénéficié d’aides conséquentes de ses alliés iraniens et russes – 4,6 milliards de dollars en 2013 et 2014 rien que de la part de Téhéran – alors que les zones détenues par l’opposition ont bénéficié de diverses sources d’aides, soit pour financer l’effort de guerre, soit pour financer les conseils civils locaux créés suite au retrait des troupes du régime, à la fois de la part des pays occidentaux et du Golfe. À cela s’ajoute l’aide humanitaire internationale principalement fournie à travers les agences des Nations unies.
Dans tous les cas ces montants en devises sont rentrés dans le même circuit économique et monétaire syrien et ont donc permis de ralentir la chute de la livre syrienne.

Pourquoi une accélération de la chute depuis l’été dernier

Depuis l’été dernier, cependant, d’autres facteurs se sont conjugués pour accélérer le déclin de la monnaie nationale, principalement l’enlisement du conflit et la détérioration des indicateurs économiques et financiers.
Alors que le président syrien, se basant sur plusieurs victoires de ses troupes, avait promis lors de sa réélection en juillet une fin rapide du conflit, il a été démenti dans les faits à peine quelques semaines plus tard avec la perte de plusieurs bases militaires dans le nord-est et l’avancée de l’opposition dans le sud du pays.
Il est dorénavant clair que, d’une part, ni le régime ni l’opposition ne sont capables de l’emporter sur le terrain et, d’autre part, qu’il n’y a pas de volonté politique internationale pour mettre fin au conflit. D’où la pérennisation de la guerre, la fin de tout espoir d’une reconstruction proche du pays et une fuite renouvelée des capitaux.

Les réserves épuisées

C’est cependant la détérioration des indicateurs macroéconomiques qui pèse le plus lourd.
Depuis des mois maintenant, les décideurs syriens se plaignent de la faiblesse de leurs recettes fiscales. Avec la baisse de l’activité économique l’argent ne rentre plus dans les caisses alors que les réserves sont épuisées et les besoins de l’effort de guerre toujours aussi importants. Sans exportation de pétrole, avec une récolte catastrophique due à un hiver 2013/2014 très sec qui a obligé le gouvernement à importer des volumes importants de céréales, une chute de la production locale, qui oblige à maintenir les importations à un niveau élevé pour faire face à la demande en produits de la population, et la baisse de l’aide internationale due à une lassitude généralisée de tous les parrains et acteurs internationaux, le marché fait face à un déséquilibre structurel sur le marché des devises.
La Banque centrale ne publie plus depuis longtemps l’état de ses réserves rendant difficile toute estimation de sa capacité de financement, mais de l’avis de tous les analystes ces dernières sont au plus bas, potentiellement en dessous de deux milliards de dollars.
En octobre, le gouvernement a bien tenté de demander à son allié russe un prêt d’un milliard de dollars auquel il a répondu par la négative, craignant de ne jamais se faire rembourser, de la même façon que Moscou n’avait pas réussi à se faire rembourser par Damas la dette de 12 milliards de dollars octroyés par l’URSS durant la guerre froide.
Le seul espoir réside aujourd’hui dans l’Iran qui a récemment vu plusieurs délégations syriennes se succéder pour demander de nouvelles lignes de crédit qui permettraient de renflouer les réserves mais Téhéran, qui fait aussi face à des difficultés économiques, semble traîner des pieds.

Les autorités impuissantes

La Banque centrale tente de parer à ces pressions de plusieurs façons. D’abord et surtout en continuant à injecter des devises sur le marché en puisant dans ce qui lui reste de réserves. Le niveau de cette intervention est difficile à estimer en l’absence de données publiques, mais durant la dernière semaine de janvier le gouverneur de la Banque, Adib Mayaleh, avait affirmé que 65 millions de dollars seraient consacrés jusqu’à fin février pour soutenir la monnaie.
La Banque centrale déprécie de même régulièrement le taux de change officiel dans le but de réduire le décalage avec le taux du marché et donc l’attractivité de ce dernier.
Les autorités se sont également lancées dans une campagne de répression et d’arrestation de changeurs au noir dans l’espoir d’obliger tous les intervenants sur le marché à vendre au prix officiel fixé par la Banque centrale. L’administrateur d’une page Facebook qui publiait heure par heure le taux au marché noir de la livre et dont le nombre de “followers” se montait à plusieurs dizaines de milliers s’est même fait arrêter, accusé de diffuser des “rumeurs trompeuses” sur le marché des devises.
Dans une déclaration qui a fait le tour des médias, M. Mayaleh a annoncé que son institution s’apprêtait à intervenir sur le marché des changes libanais où se trouveraient des volumes importants de devises. Les modalités de cette intervention ainsi que son impact sont encore difficiles à évaluer.
Finalement début février le gouvernement annonçait qu’il allait réduire le nombre de licences d’importation qu’il accordait aux importateurs afin de réduire la demande de devises.
Toutes ces mesures semblent être jusque-là largement inefficaces ou en tout cas n’ont pas un impact suffisant pour contrer les pressions baissières sur la livre.
Au vu de la situation économique et politique, il apparaît que la livre syrienne ne peut que continuer à chuter sur le court et moyen terme, seul un dénouement du conflit couplé à une reprise de l’activité économique étant à même de mettre fin à cette baisse.
L’accès à de nouveaux financements, par exemple en provenance d’Iran, ferait gagner aux autorités un peu de temps. Ce ne serait cependant que pour une période limitée et avec de sérieuses implications politiques.

Remarque: Cet article a été publié en mars 2015 dans Le Commerce du Levant

Les sanctions affectent la conduite des affaires en Syrie

Le tribunal de la Cour de justice de l’Union européenne a rejeté le 5 novembre 2014 une demande de levée des sanctions imposées au gouverneur de la Banque centrale syrienne, Adib Mayaleh. Une décision qui remet en lumière le dispositif de sanctions imposé par l’Union européenne et d’autres puissances occidentales aux responsables et aux institutions syriennes pour servir de pression contre les autorités du pays.
Au lendemain du soulèvement populaire en mars 2011, les États-Unis, suivis, entre autres, de l’Union européenne, de la Suisse, du Japon et de l’Australie, ont commencé à publier de manière régulière des listes noires d’entreprises et de particuliers syriens placés sous sanctions.
Ces sanctions contiennent deux volets : un premier, qui ne touche que les particuliers, interdit tous les voyages, ainsi que le transit, vers et par le(s) pays concerné(s) ; l’autre touche à la fois les institutionnels et les particuliers, et gèle les avoirs qu’ils détiennent dans les pays ayant imposé les sanctions, par exemple les comptes en banque et les actifs fonciers.
Ces sanctions ont accompagné celles qui visaient des pans entiers de l’économie, par exemple celles qui ont interdit l’achat de pétrole syrien, mais elles prêtent moins à débat que ces dernières, car elles sont ciblées et donc perçues comme ayant des conséquences relativement négligeables sur la population.

Quelle est leur visée ?

Le chef d’accusation formel contre toutes ces personnes est leur soutien, d’une manière ou d’une autre, au régime de Bachar el-Assad et à sa politique de répression. Ainsi, les banques sont accusées de financer le régime, un homme d’affaires qui opère dans le domaine des transports est accusé de fournir ses bus pour transporter des troupes, alors que les entreprises pétrolières fournissent des produits nécessaires à l’armée et donc à sa politique de répression.
L’objectif est double : contribuer à tarir les sources du régime et essayer d’en éloigner les hommes d’affaires en imposant un “coût” à leur soutien à celui-ci.

Qui est affecté par ces sanctions ?

Cette liste a d’abord touché les responsables militaires et politiques, tels que le président Bachar el-Assad, les membres de sa famille ainsi que les chefs des principaux services de sécurité. Elle s’est graduellement étendue pour inclure d’office tous les membres des gouvernements successifs mis en place depuis mars 2011, les hommes d’affaires considérés comme proches du pouvoir et de nombreuses entreprises publiques, y compris les banques et les entreprises du secteur pétrolier. Certaines entreprises privées ont également été ajoutées sur la liste, comme par exemple la Banque islamique internationale de Syrie qui, bien que détenue par des capitaux qatariens, a été accusée par les États-Unis et l’Union européenne de servir de façade à la Banque commerciale de Syrie, un établissement public.
On retrouve sur la liste des hommes d’affaires : le cousin maternel du président syrien, Rami Makhlouf ; Issam Anbouba, un ancien partenaire de Rami Makhlouf ; Sélim Altoun, l’agent de Hyundai et de Jaguar ; Mohammad Hamsho, le beau-frère de Maher el-Assad, le frère de Bachar ; Tarif al-Akhras, un importateur de denrées alimentaires, etc.
Parmi les entreprises du secteur public on retrouve la compagnie aérienne nationale, Syrianair, la Cotton Marketing Organization qui est en charge de la distribution du coton syrien, la Régie des tabacs, les six banques du secteur public ainsi que toutes les entreprises publiques du secteur pétrolier, qui vont des raffineries aux sociétés d’exploration et de production. Dans le secteur privé, on retrouve principalement les entreprises détenues par certains des investisseurs mentionnés ci-dessus, en particulier celles détenues par Rami Makhlouf.

Quel est leur impact ?

Les sanctions ont réduit la mobilité des particuliers concernés et gelé une partie de leurs actifs. Elles ont par ailleurs coupé leur accès au financement même de la part de banques qui ne se situent pas dans un pays ayant imposé des sanctions mais qui craignent pour leur réputation et pour les risques d’ordre juridique. De nombreuses entreprises locales ou internationales ont pris leurs distances, annulant des contrats et refusant, d’une manière générale, de faire des affaires avec eux.
Ainsi, toutes les entreprises cotées à la Bourse de Damas et celles dont les maisons mères sont basées à l’étranger, par exemple les banques libanaises, ont demandé aux membres de leurs conseils de direction qui tombaient sous le coup des sanctions d’en démissionner. On a vu pendant de nombreux mois des investisseurs syriens annoncer les uns à la suite des autres leur démission de conseils de nombreuses entreprises.
Les grandes entreprises publiques syriennes, telles la Banque commerciale de Syrie, la Banque centrale, la Compagnie de pétrole syrienne ou la Régie des tabacs, ont eu le temps de transférer la plupart de leurs avoirs détenus dans des banques occidentales au bénéfice de banques se situant dans des pays tiers, tels la Russie. Par contre, toutes leurs transactions commerciales et bancaires avec les pays occidentaux ont été suspendues, empêchant, par exemple, l’achat de pièces de rechange ou d’équipements, ou la vente de leurs produits sur ces marchés.
Les sanctions ont également poussé à une méfiance accrue à travers le monde vis-à-vis de tous les individus et entreprises syriennes. Ainsi, des banques libanaises et jordaniennes se refusent à ouvrir des comptes à des citoyens syriens, des banques internationales refusent d’effectuer des transferts bancaires non seulement en Syrie mais aussi au bénéfice de tout particulier syrien quel que soit son lieu de résidence, alors que des virements bancaires sont rejetés parce qu’il est fait mention dans l’ordre de virement du mot “Syrie”.
De manière similaire, de très nombreuses entreprises occidentales se refusent à toute transaction avec la Syrie même dans des domaines ou avec des personnes qui ne sont pas touchés par les sanctions. Ces banques et entreprises se refusent à la moindre prise de risque, car elles craignent que des individus ou des entreprises, a priori non inclus dans les listes noires, servent de prête-noms à des entités sous sanctions.
Les sanctions induisent aussi des mesures de précaution de la part d’institutions basées dans des pays qui n’ont pas imposé de sanctions. Ainsi, lors de récentes négociations entre les gouvernements syriens et russes à propos d’un prêt d’un milliard de dollars à Damas, les autorités russes, qui pourtant soutiennent politiquement le régime syrien, ont invoqué les sanctions occidentales sur les établissements bancaires syriens comme un des obstacles à la conclusion d’un accord.
Les sanctions induisent également une augmentation des coûts de transaction, car elles poussent les entreprises syriennes sous sanctions à passer par des intermédiaires et/ou des pays tiers pour conduire leurs affaires. Le Liban et Dubaï sont considérés comme les principales plaques tournantes pour ce type de transactions, telle l’importation de produits alimentaires ou médicaux.
In fine, ce type de sanctions a donc un réel coût pour l’économie syrienne en général et donc pour la population.

Les recours sont possibles

Le recours contre les sanctions est possible et de nombreux particuliers ont rencontré un certain succès.
Ainsi de l’ancien ministre de l’Économie, Mohammad Nidal Shaar, qui a été démis de ses fonctions en juin 2012 et qui a obtenu en juillet 2014 la levée des sanctions à son encontre en invoquant qu’il n’exerçait plus aucune fonction dans le gouvernement syrien. D’autres entrepreneurs bien connus, tels Imad Ghreiwati ou Suleiman Maarouf, ont également été retirés de la liste noire.
La Banque islamique internationale de Syrie a ainsi annoncé en juin de cette année avoir réussi à lever les sanctions qui pesaient sur elle, deux ans après qu’elles lui ont été imposées par l’Union européenne, car les preuves du soutien des clients de la banque à la politique de répression du régime n’avaient pas pu être établies.
Quant à Adib Mayaleh, il s’en sort relativement bien. Dans sa décision, la Cour révèle qu’il détient la nationalité française, sous le nom d’André Mayard, et que de la sorte il ne pouvait pas être empêché de voyager dans son pays d’adoption. Ses actifs restent cependant gelés alors qu’il reste interdit du territoire des autres pays de l’Union.

Remarque: Cet article a été publié en décembre 2014 dans Le Commerce du Levant

Damas a de sérieuses difficultés financières

Trois ans et demi après le début du conflit, l’État syrien semble pour la première fois rencontrer des difficultés sérieuses pour financer ses dépenses. Depuis le début de l’été, plusieurs signes témoignent d’une certaine nervosité des autorités.

Réduire le coût des subventions

En juillet, le gouvernement a augmenté de manière spectaculaire le prix de nombreuses denrées et de plusieurs services dans le but d’alléger le poids de ses subventions. Un objectif avoué qui contredit la position officielle du gouvernement qui se targuait jusque-là de fournir un certain nombre de produits et de services de base quel qu’en soit leur coût.
C’est le prix du pain qui a été relevé le premier. Le paquet de huit pains a renchéri de 67 %, passant de 9 à 15 livres syriennes – soit de 0,05 à 0,08 dollar.
L’augmentation du prix du pain est particulièrement symbolique au vu de son importance pour la population. D’autant que le gouvernement avait déclaré dans le passé que la hausse de son prix était pour lui une ligne rouge. Le prix du paquet de pain n’avait pas augmenté depuis au moins une décennie, même si le nombre de pains par paquet était passé de 9 à 8 il y a quelques années, représentant une hausse de 12,5 %.
Le gouvernement a justifié sa décision par la hausse du coût de production qui a entraîné une hausse spectaculaire du montant que le gouvernement consacre à subventionner le pain, c’est-à-dire la différence entre le coût et le prix de vente. Selon le ministre du Commerce intérieur et de la Consommation, Samir Qadi Amin, ce montant était de 67 milliards de livres l’année dernière et serait passé à 178 milliards cette année si le prix de vente n’avait pas été augmenté. Cette hausse est principalement la conséquence de la forte chute de la récolte qui a poussé le gouvernement à importer une grande partie du blé et de la farine consommés, payés au prix fort en devises.
La même semaine de juillet, le gouvernement a relevé de 100 % le prix du sucre et du riz, deux autres aliments de base pour la population. Ces deux denrées ont la particularité d’être distribuées à la population grâce à des bons, chaque famille syrienne ayant droit chaque mois à un kilo de sucre et à 500 grammes de riz. Le prix de chacun de ces produits passe de 25 à 50 livres le kilo. Pour acheter des quantités supplémentaires, les consommateurs peuvent se replier sur le marché où ces denrées se vendent à des prix bien plus élevés. D’après le ministre, ces hausses vont permettre au gouvernement d’économiser 10 milliards de livres par an, soit environ 60 millions de dollars.
Là encore le riz et le sucre sont presque entièrement importés et leur coût subit le contrecoup de la baisse de la livre syrienne par rapport au dollar. La deuxième semaine de juillet, le gouvernement a annoncé la hausse des prix de l’eau et de l’électricité. L’ampleur de la hausse varie selon la tranche de consommation, mais pour certains consommateurs les tarifs de ces deux services ont augmenté de plus de 100 %.

L’Iran appelé à nouveau à l’aide

Autre signe de la gêne financière du gouvernement : l’annonce que le Premier ministre, Waël al-Halqi, s’apprête à adresser une nouvelle demande d’aide financière à l’Iran. Cette démarche fait suite à une demande du ministère de l’Économie qui a besoin de devises pour importer divers produits alimentaires dont du riz et du sucre.
Cette aide potentielle, dont le montant n’a pas encore été dévoilé, fait suite à une facilité de paiement d’un milliard de dollars accordée l’année dernière par Téhéran pour financer l’importation de divers produits alimentaires et médicaux, ainsi que la fourniture d’équipements électriques. Cette facilité avait été entièrement consommée à la fin du mois de juin. Ce nouveau prêt ferait aussi suite à un don de 327 millions de dollars accordé au gouvernement par Moscou en mai dernier.

Bachar menace les fraudeurs du fisc

Par ailleurs, plusieurs responsables gouvernementaux, y compris le directeur de la commission du Plan, se sont plaints ces dernières semaines que les taxes et les impôts rentraient difficilement dans les caisses de l’État. C’est Bachar el-Assad lui-même qui a fait la déclaration la plus spectaculaire en la matière lors de son discours prononcé à l’occasion de sa réélection. Le président syrien a comparé les contribuables fuyant le fisc à des voleurs dépouillant 23 millions de leurs concitoyens. L’avertissement du président syrien était clair – payer vos impôts ou vous serez traités comme des criminels – tout comme l’objectif – collecter des recettes publiques. Que le président syrien se soit senti obligé de proférer des menaces contre des contribuables réfractaires, alors qu’elles visent habituellement ses opposants politiques et militaires, semble témoigner de contrariétés sérieuses.

Les symptômes de difficultés réelles

Depuis bien longtemps, il est clair que le gouvernement syrien n’a plus les moyens de dépenser au-delà du strict minimum. Les dépenses d’investissements sont presque entièrement à l’arrêt depuis près de trois ans alors que les dépenses courantes se réduisent aux salaires et aux produits et services essentiels. Malgré cela, les autorités ont réussi jusque-là à préserver un certain sens de la normalité en payant régulièrement les fonctionnaires et en continuant de fournir des services de base.

Un équilibre qui semble menacé

Selon Techrine, l’un des trois quotidiens gouvernementaux, le ministère des Finances semble avoir des problèmes pour payer le salaire des employés de certaines des entreprises du secteur public. Ces derniers sont généralement rémunérés par l’organisme qui les emploie, le ministère des Finances étant appelé à la rescousse lorsqu’il se trouve à cours de liquidités. Selon Techrine, même si c’est actuellement le cas de plusieurs entreprises manufacturières, le ministère des Finances ne semble pas pressé de régler la facture.
Par ailleurs, Siraj Press, un média en ligne affilié à l’opposition, affirme qu’à Alep, les salaires de certains fonctionnaires n’ont pas été payés en juillet et en août, le gouverneur se justifiant par la pénurie de liquidités dans les banques et les difficultés pour transporter du cash de Damas. Les salaires des fonctionnaires de Raqqa et Deir ez-Zor avaient continué d’être payés bien après la chute de ces provinces de l’Est aux mains de l’opposition. Les versements ont tout de même été arrêtés il y a plusieurs mois, précise Siraj Press.

La livre perd du terrain

La chute de la livre syrienne par rapport au dollar est une autre source d’inquiétude pour Damas. Alors que la valeur de la monnaie nationale était restée stable à environ 165 livres pour un dollar depuis le mois d’avril, début août elle a recommencé à perdre pied.
Le dollar a ainsi d’abord dépassé le seuil de 170 livres, puis à la fin août celui de 175 livres pour passer au-dessus de 180 livres durant la première semaine de septembre et flirter avec les 190 livres le 12 septembre.
Il est difficile d’attribuer à une cause en particulier la chute de la livre ; par le passé celle-ci a été très sensible aux développements politiques, mais les problèmes budgétaires du gouvernement n’y sont certainement pas étrangers.
Les hausses de prix annoncées en juillet entraînent déjà une hausse du taux global de l’inflation et donc des pressions sur la monnaie. Par ailleurs, de nombreux analystes à Damas craignent que le déficit budgétaire pousse le gouvernement à utiliser la planche à billets, entraînant à la fois une hausse de l’inflation et une chute de la livre. L’émission par la Banque centrale d’un nouveau billet de 500 livres en juillet et celle attendue d’un billet de 1 000 ont d’ailleurs renforcé les spéculations sur une fuite en avant de la Banque centrale.
Ce n’est pas la première fois, depuis le début de l’insurrection en 2011 contre Bachar el-Assad, que l’économie syrienne a des accès de faiblesse, entraînant des pressions sur la livre et des rumeurs sur la capacité du gouvernement à couvrir ses dépenses. Il est donc encore tôt pour en tirer des conclusions même s’il semble qu’une nouvelle étape a été franchie ces dernières semaines.

Remarque: Cet article a été publié en octobre 2014 dans Le Commerce du Levant

La livre syrienne à bout de souffle

Monnaie-syrienne-et-dollarsLes pressions sur la livre syrienne s’accentuent en cette fin d’année 2012, le dollar américain atteignant la barre des 90 livres sur le marché noir à la mi-novembre, alors que la monnaie nationale syrienne avait réussi à se maintenir autour de 70 livres pour un dollar entre les mois de mars et septembre, contre un taux de change de 47 livres pour un dollar avant le début de la contestation du régime de Bachar el-Assad en mars 2011.
La récente envolée du billet vert reflète à la fois l’accélération des pressions politiques sur les autorités syriennes, mais aussi une situation fiscale et monétaire de plus en plus critique.
Le gouverneur de la Banque centrale, Adib Mayaleh, a réagi en annonçant le 18 novembre que son institution envisageait d’autoriser les banques locales à vendre des devises au taux du marché pour toutes les opérations non commerciales. La Banque centrale espère de la sorte entraîner un alignement des taux officiel et du marché noir alors qu’en excluant les transactions d’ordre commercial de cette nouvelle mesure, c’est-à-dire en permettant aux importateurs de se financer au taux officiel, les autorités espèrent ralentir la hausse de l’inflation.
Si cette mesure devait être adoptée, elle marquerait un changement de cap significatif pour les autorités monétaires syriennes qui depuis des décennies fixent en effet le taux de leur monnaie. La décennie de libéralisation économique et monétaire avait amené à un adoucissement des restrictions sur les transactions financières mais ni à la convertibilité ni à la fin de l’imposition de ses prix sur le marché local des changes.
Il n’est pas clair, cependant, si la mesure aura un impact significatif sur le marché des devises qui subit un décalage de plus en plus important entre la demande – tirée par une inquiétude croissante sur l’avenir politique du pays – et l’offre, qui subit le contrecoup de la baisse substantielle des rentrées de devises depuis le début du soulèvement populaire en mars 2011.
La santé de la monnaie nationale est suivie avec beaucoup d’attention, son taux de change par rapport à la devise américaine étant censé agir comme un indicateur de la perception des investisseurs de la situation politique dans le pays.
Alors qu’une chute rapide de la monnaie était attendue, celle-ci a d’abord surpris par sa relative solidité, puisqu’elle n’avait perdu que 10 pour cent de sa valeur six mois après le début du soulèvement, avant de décliner de manière plus substantielle à partir du dernier trimestre 2011. Le déclin s’est poursuivi en 2012 avec des soubresauts ponctuels qui ont correspondu soit à la perception d’un changement de stratégie par les autorités monétaires, soit à des pics de violence ou des événements politiques majeurs.
À partir du mois de mars, après une dégringolade rapide mais de courte durée qui a vu le dollar atteindre le taux de 107 livres, la monnaie se stabilisait autour de 70 livres.
Cette relative solidité de la monnaie syrienne se justifie par plusieurs facteurs.
Bien que les sanctions imposées par l’Union européenne, les États-Unis et d’autres pays occidentaux sur les exportations pétrolières ont entraîné une forte chute des réserves en devises – les exportations pétrolières représentaient en 2010 quarante-six pour cent de tous les revenus d’exportations syriennes et une part nettement plus importante des revenus en devises du gouvernement –, elles n’ont en pratique pas été appliquées par l’Union européenne, le principal acheteur de brut syrien, avant le mois de novembre 2011, c’est-à-dire plus de huit mois après le début du soulèvement.
La livre syrienne a aussi été aidée par la baisse des importations qui a ralenti la demande de devises. Ce recul est dû : 1) à la suspension de l’accord de libre-échange établi avec la Turquie depuis 2007 qui a renchéri le coût des produits turcs ; 2) à l’augmentation des tarifs douaniers décidée début 2012 sur de nombreux biens de consommation, certaines taxes étant portées à 80 % ; 3) à la baisse initiale de la livre qui a entraîné de manière automatique un renchérissement des importations ; 4) à la baisse significative de la consommation et des investissements sur le marché local, à la fois de la part des secteurs privé et public.
Les autorités ont aussi actionné le levier de l’augmentation des taux d’intérêt, même si la montée de l’inflation a rapidement montré les limites de cet exercice en rendant ces taux négatifs, et celui des restrictions à l’achat et à la sortie de devises.

Vente massive de devises

Cependant la clé du maintien de la livre pendant de nombreux mois à un taux relativement élevé a été la politique agressive de la Banque centrale qui a continué de vendre de manière soutenue des devises sur le marché. Pour ce faire, la banque a puisé dans les vastes réserves de change que le gouvernement avait accumulées durant la courte période de boom pétrolier syrien dans les années 1990. Au début de l’année 2011, ces réserves se chiffraient à environ 17 milliards de dollars.
Alors que le niveau réel de son implication a été longtemps formellement nié par le gouverneur de la Banque centrale – mais reconnu par les acteurs du marché –, l’importance du rôle de la banque dans la défense de la monnaie s’est confirmée au début de cette année.
Dans une entrevue télévisée en janvier, le ministre de l’Économie annonçait formellement qu’entre la défense continue et au prix fort de la livre et la préservation des réserves de change, les autorités syriennes avaient décidé de penser à l’avenir et donc de préserver leurs devises.
Le changement de cap n’a pas tardé à produire ses effets. En l’espace de quelques semaines, le dollar voyait sa valeur monter de 63 à 107 livres. Il a fallu que la Banque centrale annonce un nouveau revirement de politique et une reprise de la vente de devises sur le marché pour que la livre reprenne des couleurs et se stabilise autour de 70 livres.
Il apparaît maintenant que la Banque centrale est arrivée au bout de cette politique. Ces dernières semaines de nombreux indices révélaient l’inquiétude des décideurs syriens, telle cette annonce par le vice-Premier ministre qui a prédit un « arrêt cardiaque » de l’économie d’ici à la fin de l’année, à défaut de solution politique à la crise. Le ministre de l’Agriculture a, quant à lui, conseillé à ses compatriotes d’élever des poules et de faire pousser des légumes dans leurs jardins en prévision des jours difficiles à venir.
Après avoir atteint 90 livres pour un dollar le 15 novembre, la monnaie nationale syrienne reprenait un peu de couleur et s’échangeait le 20 novembre sur le marché noir à environ 83,5 livres. Il est probable que ce répit ne soit que de courte durée. Tous les indicateurs syriens, qu’ils soient économiques ou politiques, tournent en effet au rouge en cette fin d’année 2012.